J’ai retrouvé de manière constante les deux sœurs-reines dans une attitude de sainteté, royalement parées de colliers en or, tiares, boucles d’oreilles et bagues indiquant leur statut de reines-déesses. Pourquoi n’a-t-on trouvé que trois statues de ces reines adorées alors que le Roi Jayavarman VII l’est sous des centaines de représentations. Il n’est donc pas surprenant que j’aie découvert que les reines ont été sculptées par paire, ornant pratiquement toutes les entrées des temples du Bayon, de Preah Khan et de Banteay Kdei. On les a appelées apsaras et parfois devatas (saintes, déesses) mais jamais reines. Elles ont toujours été là en tant que reines : elles ont simplement été répertoriées à mauvais escient. Les pictogrammes sculptés sur les bas-reliefs peuvent être interprétés dans n’importe quelle langue et à n’importe quelle époque. Pour les Khmers, elles ont d’ailleurs toujours existé en tant que Reines-déesses. Ils sont révélateurs de leur empreinte mystique, leur intelligence et leur influence pendant le règne de Jayavarman VII.

Je crois qu’en tant que Khmers fiers de notre riche passé et respectueux de nos rois et reines, si nous avions su que ces portraits étaient ceux des reines Indradevi et Jayarajadevi au lieu de ceux de simples apsaras dissimulées à Preah Khan et en grand danger d’éboulement, nous aurions sauvé ces sculptures précieuses en les plaçant dans un musée près du Roi Jayavarman VII.

Pour conclure, les sculptures des reines relèvent d’un travail artistique exquis. Ce sont les plus impressionnantes de toutes celles découvertes sur les sites d’Angkor. Les reines Indradevi et Jayarajadevi méritent d’être protégées et placées dans un musée afin que le monde entier puisse les admirer et que le peuple Khmer les chérisse.

La Reine Indradevitrans gifLa Reine Jayarajadevi

preah khantrans gifpreah khan

La nouvelle politique de CONSERVATION en cours: Laisser faire le temps à tout casser, écrouler.
— Ces images UNIQUES et L'HERITAGE culturelle à réduire en cailloux...

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Inscriptions sur les Bas-Reliefs Royaux de la 2ème Galerie intérieure du Bayon

Une journée à la Cour du Roi Jayavarman VII, de la Reine Jayarajadevi et de la Reine Indradevi est illustrée sur un bas-relief
du Bayon, galerie intérieure du 2ème niveau, côté Est, 18 mars 2010

bayon

De haut en bas, la hiérarchie et l’étiquette dans la société khmère sont mises en évidence. Au dessus de la toiture, les danseuses célestes donnent leur bénédiction au Roi et aux deux Reines. Pour chaque membre de la famille royale, on remarquera le raffinement de la toiture du palais.

Au dernier niveau avant la toiture (3ème niveau), le portrait sculpté du Roi est plus grand et sa tête domine celle des autres. Vient ensuite celui de la Reine Jayarajadevi, placée à la gauche du Roi conformément à son statut de première épouse. Sa tête dépasse celle de la Reine Indradevi, elle-même assise à la droite du Roi. Notez que les membres de la famille royale sont assis sur une estrade individuelle avec, à leur côté, des servantes munies de longs éventails.

Au 2ème niveau, les dames de la Cour et les Gentilshommes sont assis par terre près des Apsaras qui dansent au rythme d’un orchestre essentiellement féminin.

Au 1er niveau, sont rassemblés les roturiers. Sur un bas-relief apparemment anecdotique, les reines ont ainsi défini les deux catégories d’Apsaras : célestes ou danseuses.

Dans la même galerie intérieure, côté Nord, un bas-relief horizontal représente également la Cour du Roi.

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Sur ce bas-relief, la hiérarchie est parfaitement explicitée : on y voit respectivement, de droite à gauche, le Roi et ses deux Reines, des Apsaras entrain de danser, un musicien ; face au roi, des nobles.

Les costumes et les postures des danseuses sous le règne de Jayavarman VII sont bien mises en évidence et contrastent avec les postures des danseuses de l’époque d’Angkor Wat.

Ces deux bas-reliefs mettent en évidence les spécificités, les différences et l’importance des personnages féminins à l’époque du Roi Jayavarman VII, depuis les danseuses célestes donnant leur bénédiction, jusqu’aux deux Reines assises auprès du Roi, en passant par les danseuses et les dames de la Cour.

C’est une étonnante leçon du passé qui met fin à la confusion autour du mot Apsara,
ce que les deux Reines ne sont pas. La vérité est désormais rétablie !