A La Recherche et à la Découverte des sœurs-reines,
Indradevi et Jayarajadevi,
du Royaume Khmer au 12ème siècle
Cette découverte a été rendue possible grâce à l’attention portée sur deux sculptures en particulier : les deux sœurs et reines Indradevi et Jayarajadevi, toutes deux conseillères et épouses du roi Jayavarman VII.
Les traits uniques de la Reine Indradevi, avec son visage ovale mis en valeur par un long nez et une fossette au menton caractérisent la beauté khmère. Les reines sont vêtues avec l’élégance des déesses. On peut admirer leurs portraits sculptés dans trois temples : Preah Khan, Bayon and Banteay Kdei ; ces portraits ont été faits au cours de leur règne et sont le témoignage de leur influence à cette époque. La présence répétitive des deux Reines sur les bas-reliefs de la deuxième galerie intérieure du Bayon constitue la meilleure preuve de leur existence et corroborent la tradition orale.
En conclusion toutes les Apsaras (ou Tep Apsars en Khmer) ne sont pas des danseuses célestes : certaines sont des danseuses de la cour royale, des princesses, des prêtresses, des déesses ou des reines. Il est inacceptable de classer toutes les femmes du royaume khmer dans la catégorie des apsaras.
Ces portraits sculptés sont ceux de deux femmes puissantes qui ont apporté une contribution inestimable à la culture et à la vie sociale khmère ; ces femmes sont les reines Jayarajadevi et Indradevi du Royaume Khmer du 12ème siècle. L’importance de leur règne fait encore aujourd’hui l’objet de recherches. Les Reines et le Roi ont laissé derrière eux un héritage culturel tellement riche que le Cambodge se fait visible sur la scène internationale et que le tourisme est devenu sa principale activité économique.
Résumé des faits historiques reconnus et du contexte culturel : (Leur Histoire au Present en 5 minutes new)
Fait 1: En histoire khmère elles sont reconnues en tant que sœurs, reines et épouses royales du Roi Jayavarman VII. Au Bayon, les bas-reliefs de la 2ème galerie intérieure illustrent clairement la hiérarchie sociale et les activités du Roi et de ses Reines. Veuillez lire les notes inscrites sur les deux bas-reliefs décrivant les différents types de personnages et leurs classifications.
Fait 2: Le mot “preah ang” signifie Bouddha, divinité ou saint et c’est le terme formel utilisé pour s’adresser aux personnes royales. Dans l’Histoire et la mythologie Khmère, il est de coutume de leur attribuer le statut de Roi-Dieu. Le roi Jayavarman était donc considéré comme un Roi-Dieu (ou un Bouddharaja) et les reines étaient considérées comme des Reines-Déesses (notes, ci dessous). On a retrouvé seulement trois statues présumées de la Reine Jayarajadevi et aucune de la Reine Indradevi, alors qu’il y des milliers de portraits sculptés et de statues du roi Jayavarman VII ressemblant au Bouddha. Une fois différenciées des apsaras, il n’est pas étonnant de découvrir plus d’une douzaine de portraits sculptés des deux sœurs-reines dans les temples construits au cours de leur règne.
Fait 3: A Preah Khan, la sculpture de la Reine Indradevi avait à l’origine des pierres précieuses incrustées sur les sourcils et la couronne. Des anneaux en or jadis suspendus aux lobes de leurs oreilles ainsi que d’autres pierres précieuses serties tout au long des sautoirs ont été volés depuis longtemps. Le fait qu’elle ait été parée de pierres précieuses et d’or révèle son identité royale. Dans l’Histoire khmère aucune sculpture d’apsara ne porte d’incrustations de pierres précieuses et d’or.
La Reine Indradevi dans son donjon à Preah Khan
Fait 4: Les temples de Preah Khan, Bayon et Banteay Kdei ont été construits sous le même règne, à quelques années seulement d’intervalle. Il a fallu plus de deux décennies pour achever la construction. A leur époque (et de nos jours) seules les élites intellectuelles et religieuses savaient lire le Sanskrit. Pourtant aujourd’hui comme autrefois tout le monde, hommes, femmes et enfants, peuvent interpréter les représentations des bas-reliefs. (Voir notes sur les bas-reliefs du Bayon).
Fait 5: Les traits de leur visage sont uniques et facilement reconnaissables malgré l’usure du temps et les incidents mineurs survenus au cours des siècles. Les traits indianisés de la Reine Indradevi avec sa fossette au menton, l’ovale de son visage, la mâchoire légèrement carrée, le nez long, les yeux légèrement bridés, les sourcils élégants et le sourire à peine esquissé sont parfaitement identifiables. Les traits caractéristiques chinois de la magnifique reine Jayarajadevi sur un visage arrondi présentent un joli petit nez, des yeux bridés, des lèvres sensuelles et ourlées dans la mort ou souriant malicieusement dans la vie.
La Reine Indradevi à Preah Khan est comparée à ses images au Bayon:


La Reine Jayarajadevi à Preah Khan est comparée à ses images au Bayon:



Fait 6: La reine Indradevi a probablement été appelée ainsi du fait de ses traits indiens. Indra vient du nom Inde et fait également référence à un dieu hindouiste.
Fait 7: A l’entrée principale du Bayon, le temple le plus sacré pour les deux reines, Jayarajadevi a été représentée dans un baldaquin royal fermé par des rideaux avec à ses côtés, en modèle réduit, le roi, des musiciens, des danseuses et des servantes; deux autres images grandeur nature se trouvent à sa gauche, l’une d’elles étant Indradevi. Ce n’est qu’au cours d’une troisième observation que j’ai reconnu les sculptures de ces deux reines parfaitement identifiables grâce à leur accoutrement et leur pose de divinités tout autour des murs du 2ème étage de la tour centrale. De plus, au dessus des alcôves, les petits Bouddhas (représentations du Roi dont certaines ont subsisté, d’autres ont été désacralisées) en train de les bénir réaffirment leur statut d’épouses du roi.
A Bayon la Reine Jayarajadevi est vue dans son baldaquin, et la Reine Indradevi est à sa gauche.

Fait 8: L’image de la Reine Indradevi représente les traits parfaits et idéalisés de la femme khmère. A ce jour, les Khmers, hommes et femmes, rêvent d’avoir une fossette au menton. Cette caractéristique est généralement considérée comme un trait de caractère autoritaire dans le monde occidental.
Fait 9: Dans Preah Khan et Bayon, la representation de la Reine Indradevi est la même de la tête aux pieds. Sa robe en forme de queue de poisson est repliée vers la gauche.
Etat des reines à Preah Khan : classifiées à tort comme danseuses apsaras, elles ont été totalement
négligées, laissées à l’abandon et se trouvent actuellement dans un état de saleté indescriptible.

Fait 10: Des sculptures de rois, reines et gens du peuple ont été retrouvées un peu partout à travers les périodes de l’Histoire du Monde. Pourquoi les Khmers devraient-ils accepter sans discussion le fait que toutes les apsaras soient identiques et qu’elles soient reléguées au seul rôle de concubines ? «Elles existaient pour répondre à la passion masculine» écrivait Vittorio Roveda en 1977 dans son Livre ‘Mythologie Khmère’. En plus de leur fonction de danseuses célestes, définition du mot apsara, il est très probable que ces apsaras ‘debout’ étaient en réalité des princesses, des reines ou autres femmes de la cour.
Fait 11: Aucune sculpture des reines n’est exactement identique. Toutefois, les quatre portraits présentés ci-dessus ont plus de ressemblances que de différences. Ces sculptures ont subi la dureté du climat tropical pendant plus de 800 ans. A des degrés variables on pourrait prendre en considération : le talent du sculpteur, la qualité de la pierre, l’âge, la mode et le changement de statut. Avec 4 sur 5 traits de deux sculptures parfaitement identiques, on pourrait en confirmer l’identité ; on pourrait faire de même grâce à d’autres caractéristiques distinctives telles que les tiares, les boucles d’oreilles, la position relative des mains et des bras, les sautoirs, la fleur de lotus etc. (Voir çi-dessous, la table des attibuts royaux et uniques symboles aux reines. Voir les notes pour plus de détailles.)
Fait 12: L’Autorité Apsara est responsable de ces ‘œuvres’ et de l’entretien du site d’Angkor ; elle risque d’être débordée pour prendre des mesures, car elle attribue les recherches et la rénovation de chaque temple à un pays différent. De ce fait, les experts se limitent au temple qui leur est assigné et s’ils dépassaient ces limites, cela pourrait être considéré comme une erreur diplomatique internationale. En conséquence le processus de découverte peut être extrêmement lent, si toutefois il évolue un jour. http://www.autoriteapsara.org/en/apsara/about_apsara/partners_links.html
Fait 13: Seulement trois statues sont soumises à l’examen des experts pour déterminer s’il s’agit de la reine Jayarajadevi ; elles ressemblent davantage à la mère du Roi Jayavarman VI ou à des déesses qu’à des reines. (http://www.guimet.fr/Kneeling-Tara) C’est la raison pour laquelle elles sont appelées ‘Prajnaparamita’ plutôt que Reine Jayarajadevi. Les traits de leur visage ressemblent beaucoup à ceux de Jayavarman VII (http://www.guimet.fr/Jayavarman-VII), à l’exception des sourcils, de forme angulaire chez la reine. Veuillez voir la table de comparaison entre les images présumées des reines en 1955 et les images découvertes en 2010. Cliquez sur le tab, "The Two Queens".
