A La Recherche et Découverte des sœurs-reines, Indradevi et Jayarajadevi,
du Royaume Khmer au 12ème siècle

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Comment une visite des temples un jour ordinaire a conduit à une découverte extraordinaire a Preah Khan, Angkor. Dissimulées dans un petit labyrinthe de galeries, entre des murs de pierre sombres, recouverts de mousse et des plafonds menaçant de s’effondrer, se tenaient devant moi deux reines du Royaume Khmer du 12ème siècle. Ignorées de tous, y compris de cambodgiens eux-mêmes - qui pourtant se souviennent avec affection de ces reines grâce à la transmission orale alors qu’ils n’en possèdent ni images ni écrits - ces statues majestueuses sont toujours là en dépit des ravages du temps, de l’invasion de la jungle et du pillage des hommes.

Je suis fière de vous présenter deux nouveaux portraits des personnalités royales du 12ème siècle, la Reine Indradevi et la reine Jayarajadevi. Ces deux sœurs étaient à la fois épouses, professeures et conseillères du bien aimé et très respecté roi Jayavarman VII, bâtisseur de Temples, d’Hôpitaux et de Centre d’Etudes pour le peuple khmer.

Alors que ces reines sont vénérées et font l’objet de dévotions de la part des khmers, elles ont été totalement négligées par les historiens khmers et étrangers qui les ont reléguées au rang de danseuses, connues sous le nom d’Apsaras. Ce fut accepté par tous y compris moi même jusqu’à ce que je remarque les sourcils ‘tressés’ comme les a nommés l’ami qui m’accompagnait ce jour là ; en ce qui concerne, je ne crois pas du tout qu’ils aient été tressés ; je pense plutôt que des pierres précieuses ont été enlevées des sourcils donnant ainsi l’illusion de petits trous tricotés. Cette caractéristique du sourcil avec la trace des pierres précieuses arrachées, a suscité mon intérêt et j’ai voulu savoir qui étaient réellement ces personnes: des danseuses, des reines ou des déesses?

Les jours suivants, sur un temple différent, Bayon, j’ai photographié à nouveau mes deux belles sculptures préfèrées pour compléter mon portfolio de ‘Sacred Treasures’. Pendant que j’éditais les photos j’ai remarqué des ressemblances saisissantes avec mes deux reines. La confirmation de leur statut et de leur vie de reine sur ce temple constitue la preuve irréfutable dont j’avais besoin. Piquée de curiosité et voulant en savoir plus sur la vie mystérieuse de ces reines, j’ai émis la théorie selon laquelle d’autres représentations des deux reines devaient également se trouver dans d’autres temples construits au cours de ce règne. Je me suis sentie extrêmement chanceuse d’avoir découvert non pas une paire mais plus de dix paires d’images sculptées des reines les plus belles, les plus influentes, les plus généreuses et dynamiques de l’Histoire Khmère.

La France a sa Joconde, l’Egypte sa Cléopatre, maintenant le Cambodge et le monde entier sera inspiré par deux reines, belles, influentes et compatissantes : Indradevi et Jayarajadevi.

C’est l’incroyable histoire et découverte de personnages du passé khmer par les gens d’aujourd’hui pour le peuple de demain.

Toutefois le temps leur est compté. Il faut agir avant que ces deux sculptures exceptionelles, que toute trace d’elles ne disparaissent à jamais. Je crois qu’il devient urgent de soustraire ces reines au vandalisme et à la menace d’effondrement des plafonds et de les entreposer dans un musée où elles appartiennent afin qu’elles inspirent à la fois l’imagination des Khmers et celle du reste du Monde. Elles ont survécu à huit siècles de vicissitude et ne survivront pas aux dix prochains si rien n’est fait immédiatement pour les protéger au nom de l’Histoire khmère et en tant que trésor de l’Humanité.

C’est l’histoire d’une découverte et un appel au secours pour que ces deux magnifiques statues soient sauvées !

Mes meilleures salutations,

Phalika Ngin
23 dec 2009/18 Mar 2010